Réseau Education Sans Frontière 23

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31/05/2018

JEUDI SOLIDAIRE devant la préfecture de Guéret (23) : nous suspendons les rassemblements et ne rappellerons à ceux-ci qu’en cas de coup dur.

06/09/2018 : Nouveau rassemblement devant la préfecture ce soir, juste avant la pluie. Comme la rentrée semble s’être bien passée pour tous les enfants sans papiers qui ont repris le chemin de l’école…et que nous reprenons nos permanences le samedi matin dès le 15 septembre, nous suspendons les rassemblements devant la préfecture et ne rappellerons à ceux-ci qu’en cas de coup dur.

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Festival des Solidarité – du 24 au 28 novembre  – Grande Salle de la Mairie, Guéret (23)

Le Festival des Solidarités à Guéret aura lieu du 24 au 28 novembre à la Grande Salle de la Mairie et aura pour thème « Invisibles… De l’ombre à la lumière ».

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Samedi 24 novembre 14h-22h :

- Village des solidarités : Stands associatifs autour d’un arbre à palabres.
- Ateliers pour les enfants sur le thème de l’Ombre à la lumière à 14h par le Réseau Éducation Sans Frontières Creuse.
- Danse Italienne à 15h par El Fogolar Del Monpy.
- Chœur d’enfants des quartiers et café chanté à 16h30 par P’Art Si P’Art là.
- Théâtre « La parole des invisibles » à 17h30 par la Brigade d’intervention Mobile Théâtrale et la Guérétoise de Spectacle.
- Musique réunionnaise avec le Groupe Faham à 18h.
- Burkina Faso – Témoignages des Burkinabés et Spectacle par l’association Fragments de 18h30 à 19h30.
- Partage des saveurs à 19h30 avec la contribution des Conseils de Quartiers.
- Soirée conviviale à 20h avec P’Art Si P’Art là, la chorale d’enfants, la chorale Delval et le public.

Mardi 27 novembre :

- Projection-débat dans le cadre du Festival Alimenterre autour du film « Libre » de Michel Toesca présenté par les associations Attac 23, RESF et Amnesty International au Cinéma le Sénéchal à 18h15.

Mercredi 28 novembre 9h-12h :

- Jeunesse, engagement et solidarité : Ateliers de rencontres et d’expériences de projets [1]

[1Présents à ces ateliers : Eco-collège Louis Durand (Saint-Vaury), Solidarité Laïque, El Fogolar del Monpy, Secours Populaire, P’Art Si P’Art La, Asseept Casamance, Sème tes Graines, Comité de Jumelage, Creuse Amnesty International, Résidence Habitat Jeunes, Maison des Droits de l’Homme, Réseau Education Sans Frontières 23, KAZ, Cercle des Amitiés Créoles.

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PROJECTION / DÉBAT – mardi 27 novembre – Cinéma Le Sénéchal, Gueret (23)  : « Libre ! »

Documentaire de Michel Toesca – durée : 1h40

libreLa Roya, vallée du sud de la France frontalière avec l’Italie. Cédric Herrou, agriculteur, y cultive ses oliviers. Le jour où il croise la route des réfugiés, il décide, avec d’autres habitants de la vallée, de les accueillir. De leur offrir un refuge et de les aider à déposer leur demande d’asile.  Mais en agissant ainsi, il est considéré hors la loi… Michel Toesca, ami de longue date de Cédric et habitant aussi de la Roya, l’a suivi durant trois ans. Témoin concerné et sensibilisé, caméra en main, il a participé et filmé au jour le jour cette résistance citoyenne. Ce film est l’histoire du combat de Cédric et de tant d’autres.

Débat avec Blandine Marty, avocate et témoignages.

Organisation RESF, Attac, Amnesty.

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22/11/2018

Journée de Solidarité du 20 octobre 2018, retour en images…

 

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10/11/2018

Témoignage : « Toi ! Pas toi ! » : la cellule d’accueil du MNA 92

Dans le 92, l’accueil – si l’on peut dire – des MIE se fait maintenant en un seul lieu, à Nanterre. Dans des conditions indignes. Ils sont chaque jour 20, 30 ou plus à attendre après avoir dormi dehors, peu vêtus, sans avoir mangé. Ils seront 2 ou 3, – 4 les bons jours ! – à être admis pour un entretien. Les autres ? Revenez demain et après-demain et la semaine prochaine et le mois prochain !

Sylla  (le prénom a été changé), 15 ans ½,  ivoirien,  grelotte de froid devant l’immeuble de l’ASE  des Hauts de Seine, à Nanterre. Il est arrivé en France six jours plus tôt.

Dans son pays, il a été à l’école jusqu’en 4ème, ou peut-être 4 ans, difficile de savoir. Ses deux parents décédés, il a quitté Abidjan en mai 2018, traversé  le Mali, le désert, l’Algérie, et fini par arriver dans les forêts marocaines. Là, il attend de pouvoir traverser la Méditerranée. Pas dans le grand bateau promis, mais en zodiac, percé et qui coule. Sylla fait partie des secourus et débarque en Espagne. Le temps de son accueil espagnol, il fait venir du pays un acte de naissance et un certificat de nationalité. A Madrid, il est mis dans un bus « avec des grandes personnes », il passe la frontière, monte dans un train, arrive à Paris. Désormais, il est seul.

Le 29 septembre, il tente pour la deuxième fois d’être reçu par l’Aide sociale à l’enfance à Nanterre, il a ses papiers en poche. Avec lui, une trentaine de jeunes attendent l’ouverture du service, certains ont passé la nuit dans la gare proche, d’autres sont arrivés dès 6 heures, pour être les premiers.

L’attente est longue, à deux reprises, les vigiles sortent pour faire dégager les marches d’accès à l’entrée, l’un d’eux s’en prend à un jeune appuyé sur « sa » voiture de l’autre côté de la rue.  9 heures, ouverture du service, l’ASE 92 « accueille ».

Un responsable vient s’adresser aux jeunes, il précise d’emblée que seuls deux ou trois seront acceptés. Les jeunes sont tendus, leurs visages anxieux.  Le responsable les balaie du regard, puis il pointe du doigt l’un d’eux. Toi. Et d’un. Un deuxième. L’attente est lourde. Doigt en direction d’un jeune, non pas toi, un autre, et finalement toi aussi. Les quatre désignés pénètrent dans le service. Et les autres ? Revenez demain. C’est fini.

Les vigiles se sont postés derrière les portes vitrées. Inutile de chercher à forcer le passage.

Les jeunes se dispersent, certains tenteront leur chance à 13h30, d’autres le lendemain. Ils sont transis, en vêtements légers, certains en tongs, ils racontent en vrac le passage des frontières, Vintimille, l’Espagne, leurs nuits dans les gares, les abris de fortune, ils ont peur et faim. Sylla est l’un de ceux qui se disent prêts à témoigner publiquement du déni de droits qui leur est infligé. Un autre commente : la France prend les richesses de nos pays, et quand nous venons ici, elle nous renvoie.

Les militants présents proposent aux jeunes de les aider à saisir eux-mêmes le juge des enfants.

Depuis le 2 juillet 2018, « l’accueil » des mineurs non accompagnés (MNA) dans le département des Hauts de Seine (92), précédemment réparti sur 6 services territoriaux, s’effectue de manière centralisée à Nanterre, dans le nord du département.

Dès le mois d’août, des informations inquiétantes ont émergé, faisant état du manque de personnel de la cellule, des conditions de travail difficiles des agents, et surtout du très petit nombre de jeunes qui seraient autorisés à faire valoir leurs droits. Tri sur l’apparence, la minorité détectée au faciès.  Ceux qui n’ont aucun papier sont refoulés directement. Ceux qui en ont sont renvoyés vers leurs ambassade ou consulat, et priés de ne revenir qu’une fois les papiers authentifiés. Or les consulats du Mali et de Côte d’Ivoire ne reçoivent plus les jeunes isolés non pris en charge. Devant le service de l’ASE, les heurts sont fréquents lorsque les jeunes déboutés tentent d’accéder aux parkings des agents pour y passer la nuit, et être sur place dès le matin. Tensions, violences verbales de part et d’autre, il est arrivé que le service appelle la police.

Sylla est revenu devant l’ASE, il n’a pas été « choisi » ! Il a adressé sa demande de protection au Juge. La semaine suivante, il reçoit une ordonnance de placement provisoire (OPP) et la désignation d’un avocat pour l’assister via le Collectif RESF MIE 92. Seul problème, il n’a pas de téléphone. On finit par le contacter, par l’intermédiaire d’un autre jeune, lui-même déjà parti à Rennes tenter sa chance. L’ordonnance lui est remise, le sésame pour franchir les barrières de l’Aide sociale. Un mois de répit, un lit et de quoi manger à l’hôtel, un mois pendant lequel il sera évalué, avant de passer devant le Juge des enfants.

Les Hauts de Seine, le 92, un département pas spécialement démuni, avec un budget de près de 3 milliards d’euros, 460 millions d’excédent en 2017, le premier quartier d’affaires européen qui héberge le ¼ des entreprises françaises cotées au CAC 40 et 2700 entreprises étrangères. Accueillant donc ! Oui mais pas pour tout le monde

836 MNA mineurs et jeunes majeurs isolés étrangers (sur une population totale d’1,6 M d’habitants) y sont pris en charge, ce qui représente pour  Patrick Devedjian, Président du CD,  « une explosion des flux migratoires ». Des jeunes trop souvent laissés à l’hôtel des mois durant, un sur 5 n’est pas scolarisé, en grande solitude et détresse morale, n’ayant de contact avec leur référent qu’une fois par mois, certains référents ASE se retrouvant avec 50 à 60 jeunes à suivre.

Dans un mois, où sera Sylla ? Pris convenablement en charge, scolarisé et soigné, ou renvoyé à la rue et à la misère ?

                                    RESF 92

source : https://blogs.mediapart.fr/jeunes-isoles-etrangers/blog/051118/toi-pas-toi-la-cellule-daccueil-mna-du-92

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10/11/2018

Témoignage : « Moi je me dis que migrant c’est pour les animaux »

 

B. mineur arrivé à Paris, porte un jugement critique sur l’usage de certains mots, «migrant», «réfugié», appliqués «juste pour les blacks qui quittent l’Afrique pour se rendre en Europe». Un Français en Afrique, on dit «il est français»… et pourtant, il n’est pas dans son pays.

Si ça allait bien, j’aurais pas quitté mon pays pour venir en France. J’étais pas tenté de passer par la mer Méditerranée. Je vais jamais risquer ma vie. Si vous voyez aujourd’hui quelqu’un qui traverse tous ces déserts, la mer Méditerranée, là où ça ne tolère pas, par la Libye, c’est parce que ça ne va pas. Sinon, tu n’as pas besoin de risquer ta vie pour rien, de monter dans des Zodiacs, là où tu ne sais pas si tu vas arriver ou pas. On ne te donne même pas la boussole. C’est à dire, tu vas pas traverser tous ces déserts. Et pourtant, on a tellement dormi dans le désert ! On était au nombre de 100. C’est 5 personnes qui sont rentrées en Italie. C’est à dire 95 personnes ont péri et n’ont pas pu atteindre l’Italie. Donc je me dis que l’Etat se lance dans une salissure. C’est à dire, ils ne veulent pas faire leur travail. C’est pas parce qu’ils sont incapables ! Ils ne veulent pas faire leur travail, parce qu’ils sont capables. Mais ils ne veulent pas le faire. C’est tout !

Le mot « migrant », moi je me dis que ce sont des mots qui ont été créés juste pour blesser les personnes qui comprennent le vrai sens du mot. Sinon, les mots qui existaient pourquoi ne pas les utiliser, en disant « les étrangers » ? Parce que nous, dans notre pays, quand tu es français, on ne dit pas « un migrant ». En tous cas il n’est plus dans son pays. Il est dans un pays étranger. Mais nous on dit « Il est français ». Juste pour faire la différence avec les Guinéens. On dit « Lui, il est Européen. Il est français, il est anglais, il est espagnol ». On l’appelle par sa patrie. On ne dit pas qu’il est « expatrié ». On ne dit pas qu’il est « migrant ». On ne dit pas qu’il est « réfugié ». Même si tu es un réfugié politique, parce que dans les années reculées il y eu des guerres, dans la sous-région de l’Afrique de l’Ouest. Toutes les personnes de ces pays sont venues se réfugier en Guinée, mais on ne les a pas dites « réfugiées ». Ce sont des mots qui sont employés par certaines personnes, mais la majeure partie des gens n’emploient pas. C’est à dire, on dit « Ce sont des Léonais », ou « Ce sont des Libériens » tout court. On n’a pas besoin de dire que ce sont des « réfugiés », ou des « migrants ». En ce moment, moi je me dis que le mot « migrant », c’est juste pour nous les africains, parce que le mot « migrant », c’est quand les gens ont commencé à venir par la mer Méditerranée, de l’Afrique pour l’Europe.

Moi, je ne me considère pas trop en tant que « migrant ». Toutes les personnes qui disent « migrants », c’est parce qu’ils ne comprennent pas bien le sens propre du mot. C’est à dire, moi je me dis que « migrant », c’est pour les animaux. C’est les animaux qui migrent. C’est l’observation. On dit « La migration des animaux a conduit à ceci, ou à cela ». Moi je me dis, le mot « migrant » ne devrait pas être attribué aux gens qui ont fui leur pays pour ne pas être maltraités. Il y a ces personnes aussi qui ont pu fuir leur pays parce que ça n’allait pas, le problème économique. On peut les qualifier de « réfugiés ». Mais, même le mot « réfugié », moi je ne trouve pas qu’il a une place pour un être humain.

J’aimerais dire aux personnes qui se considèrent comme « migrants », ils n’ont qu’à se dire que ce sont des étrangers. Avec le mot là, je suis d’accord, parce que ce n’est pas ta patrie. Oui, tu es étranger. Quand tu es étranger, tu es étranger. Mais quelle que soit ta nature, il ne faut pas accepter qu’on te traite de « migrant ». Le mot « migrant », c’est juste pour enflammer le cœur des gens. C’est juste pour les mépriser. C’est tout. On n’a jamais dit à un blanc « migrant ». Jamais de la vie ! C’est à dire, normalement, le mot « migrant », ça devrait pas exister aujourd’hui. Le mot « migrant », c’est juste pour les blacks qui quittent l’Afrique pour se rendre en Europe.

Moi, mon objectif… La première des choses, les personnes qui m’ont rendu service d’abord. Je dois leur rendre l’ascenseur. Parce que j’ai une dette envers toutes les personnes qui m’ont rendu service. J’aimerais devenir une personne qui rendra service aux autres personnes, parce que j’ai compris à quel point les services on m’a rendu. C’est primordial pour moi.

La deuxième des choses, j’aimerais réussir et chercher le moyen de devenir une personne pour m’exprimer. C’est à dire, ce que je veux, parler pour les personnes qui ne peuvent pas s’exprimer. M’exprimer pour qu’on m’entende, pour qu’ils sachent que nous sommes tous égaux. Quelle que soit la nature de l’être humain, nous sommes tous égaux. Quelle que soit ta religion, nous sommes tous égaux. J’aimerais réussir comme tous les autres, parce que j’ai des grands rêves. J’ai des grands projets. Ça c’est dans l’avenir. J’aimerais étudier, faire la médecine, le football, faire la boxe, tout, tout ! J’aimerais chercher un domaine où je peux m’exprimer bien. Pareil faire la boxe. C’est à dire, la boxe n’était pas juste pour Mohammed Ali. Un sport, c’est un art de s’exprimer. C’est à dire, s’exprimer à travers ça. J’aimerais être une grande personnalité pour être au service des autres.

Extrait du récit de B., mineur isolé arrivé à Paris,  paru dans Lettres Communes N°2

source : https://blogs.mediapart.fr/jeunes-isoles-etrangers/blog/061118/moi-je-me-dis-que-migrant-c-est-pour-les-animaux

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10/11/2018

Témoignage : Djelil, 15 et demi, arrêté, emprisonné 3 semaines, expulsé et revenu.

Je m’appelle Djelil, je suis mineur isolé, maintenant je suis pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) des Hauts-de-Seine.  Je suis Burkinabé comme mes parents mais je suis né le 20 octobre 2001 en Côte d’Ivoire, le pays où j’ai vécu.

Mon père est mort en 2015. Ma mère s’est réfugiée dans sa famille avec mon petit frère et moi mais mon oncle, le frère de mon père, nous menaçait en voulant que je travaille dans ses champs. Je l’ai fait quelques temps mais je voulais aller à l’école. J’ai décidé de partir pour la France.

Arrivé en Lybie, j’ai travaillé 4 mois comme couturier dans des conditions très dures, j’ai été battu, j’en ai des cicatrices. J’ai fini par prendre un bateau avec l’argent gagné. Nous étions 126. Le bateau prenait l’eau. Heureusement un hélicoptère nous a vus, un remorqueur nous a traîné très vite vers un bateau. Il y avait tellement de monde dans ce bateau que nous n’avions à manger qu’une fois par jour. On est arrivés en Sicile le 15 décembre 2016, on a été mis dans un camp. On a pris mes empreintes mais j’ai déclaré un faux nom et une fausse date de naissance me rendant majeur. C’est ce que font tous les jeunes pour n’être pas bloqués en Italie. A Vintimille, j’ai pris un train sans payer et je me suis caché dans les WC. Des contrôleurs m’ont fait descendre à Lyon. C’était le 23 février 2017. Des gens m’ont accompagné dans une association qui m’a envoyé à l’ASE. J’ai passé 4 mois dans un hôtel sans aller à l’école malgré ses demandes.

Le 5 avril, j’ai été convoqué à la police et interrogé. On m’a dit que mon extrait d’acte de naissance est faux. J’ai de nouveau été convoqué le 16 mai. J’ai été mis en examen pour « recel de faux documents et escroquerie ». On m’a fait passer des tests d’âge osseux qui me donnaient « un âge moyen entre 26 et 29 ans avec un âge minimum de 21 ans » et un âge maximum de 36 ans ! L’expertise dentaire me donne un « âge moyen de 27 ans ».

Convoqué une troisième fois le 7 juin, j’ai été placé en garde à vue. Une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) et une interdiction du territoire (ITF) de 18 mois m’ont été données par le préfet du Rhône. J’ai été menotté et emmené au CRA de Lyon. J’avais 15 ans et 8 mois, j’ai été enfermé 26 jours comme un adulte. Heureusement, j’étais très soutenu par le RESF de Lyon. Des militants venaient me voir, m’apportaient des vêtements. Trois rassemblements de plus de 100 de personnes ont eu lieu devant la préfecture pour demander ma libération. Malgré ça, le 3 juillet, des policiers m’ont mis dans un avion pour Roissy où j’ai été mis dans un vol pour Venise. Ma valise avait été enregistrée sur le vol Lyon-Paris mais pas sur le Paris-Venise : les policiers l’ont jetée. En arrivant à Venise je n’avais rien d’autre que le tee-shirt et le pantalon que je portais. J’avais juste un peu d’argent donné avant mon expulsion de Lyon.

J’ai décidé de revenir en France. J’ai à nouveau passé la frontière à Vintimille, caché dans un train.

Le 6 juillet, à Paris, j’ai été accueilli par un militant RESF qui m’a hébergé presque 2 mois dans le 92 et m’a accompagné dans mes démarches. Une étudiante m’a fait travailler (français, mathématiques) plusieurs heures par jour.

Un nouvel extrait d’acte de naissance et un certificat de nationalité burkinabé m’ont été envoyés par ma famille.  Le 8 août, on est allés à l’ambassade de Côte d’Ivoire. Le Premier Consul a authentifié mon acte de naissance. Le lendemain, le consulat du Burkina-Faso m’a donné une carte d’identité consulaire et une « attestation tenant lieu de passeport ».

Fin août je suis allé à l’ASE du 92 et j’ai été logé dans un hôtel près du lycée où un militant RESF m’avait fait inscrire en CAP maçonnerie. Mes profs sont contents de mon travail, je suis aussi délégué de ma classe.

Mais, le 12 octobre, j’ai été convoqué à l’ASE du 92 pour recevoir un billet de train pour Lyon. On me dit que je dois quitter, ma situation dépend de l’ASE de Lyon. J’ai refusé de prendre le billet. En revenant à l’hôtel, le patron me dit qu’il vient de recevoir l’ordre de me mettre à la porte. Je n’avais pas 16 ans, j’étais à la rue, sans argent, empêché de poursuivre ma scolarité. Heureusement, on a fait un appel, j’ai été super bien accueilli dans une famille, puis une autre, près de mon lycée.

On a écrit au juge des enfants de Nanterre pour demander que je sois repris en charge par l’ASE 92. Des profs de mon lycée, les personnes qui m’ont aidé, l’étudiante qui m’a fait travailler, l’ONG PICUM (Platform for International Cooperation on Undocumented Migrants) devant qui j’avais raconté mon histoire à une rencontre à Paris, m’envoient leur soutien. Un rassemblement des élèves, du personnel et des profs en solidarité avec moi a même eu lieu devant mon lycée. Le journal Parisien 92 a publié un article et une photo.

Le 27 octobre, je suis passé devant une juge des enfants à Nanterre. J’avais une avocate. La juge a décidé que l’ASE du 92 devait me reprendre et me loger, près de mon lycée. On m’a ramené à toute vitesse à l’ASE, on nous a dit qu’il était trop tard (16h50) et que je devais repasser après le W-E… Deux jours après, j’ai finalement été remis dans un hôtel à l’autre bout du département, avec un seul ticket de bus. Et comment faire pour aller à l’école ? Ça a duré un mois.

A Lyon, on s’occupait aussi de ma situation. Mon avocate de Lyon avait attaqué la décision du Tribunal administratif qui m’avait expulsé en Italie. J’étais présent à l’audience, accompagné d’une trentaine de soutiens lyonnais. Je suis même passé à la télé ! Ce tribunal a TOUT annulé ce qui veut dire cette fois que je suis mineur, pour de bon ! Je suis né le 20 octobre 2001, je n’avais pas 16 ans quand j’ai été arrêté, mis en garde à vue, menotté, emprisonné trois semaines et expulsé sans aucun bagage.

J’ai été maltraité par les autorités françaises. Mais j’ai aussi été soutenu, protégé, sauvé par des habitants de ce pays. Je les en remercie, vraiment. Et c’est pour eux, avec eux, que je souhaite bâtir ma vie dans ce pays.

source : https://blogs.mediapart.fr/jeunes-isoles-etrangers/blog/081118/djelil-15-ans-et-demi-arrete-emprisonne-3-semaines-expulse-et-revenu

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28/10/2018

Témoignage :

Éducatrice, mon travail n’est plus celui pour lequel je me suis engagée

Éducatrice en Seine Maritime dans une maison d’enfants, j’ai accompagné ces dernières années plusieurs MNA (Mineurs non accompagnés). Les premiers jeunes accueillis ont eu la chance, (malgré mon inexpérience !) de bénéficier d’un vrai accompagnement jusqu’à leur régularisation et un début d’insertion professionnelle. Quelques années plus tard, ils sont diplômés, ont un emploi, un appartement et bien sûr, leur carte de séjour !  Et sont bien installés dans leur nouvelle vie !                                                                                                                                                    Ces mineurs aujourd’hui, quand ils ont, enfin, la chance d’être accueillis dans nos établissements, le sont souvent après de longs mois dans la rue, ce qui retarde et complique grandement leur scolarisation, et rend plus difficile leur régularisation. Ils arrivent alors dans nos établissements, plus « cassés », plus vulnérables qu’avant, et parfois trop âgés pour être scolarisés. Et cela est encore plus difficile s’ils ne l’ont pas été dans leur pays !  Alors, malgré toute notre bonne volonté de professionnels investis, tout notre travail, on se sent totalement impuissant face à l’échéance qu’est leur majorité. A 18 ans, tout, ou presque, prend fin. La fin des contrats jeunes majeurs ajoutée à une prise en charge tardive ne nous laisse plus le temps d’un accompagnement visant à l’insertion sociale et professionnelle. Ces jeunes quittent maintenant nos établissements, le plus souvent avant l’obtention de la carte de séjour, parfois sans formation professionnelle, et sans logement ! Et quid de l’accompagnement psychologique, du temps de la reconstruction après les épreuves qu’ils ont traversées ? C’est tout simplement inhumain… pour eux, mais aussi, si je peux me permettre, difficile pour les équipes qui les ont soutenus.                                                                                                                                                                                                                                                              Comment le pays dit « des droits de l’Homme », signataire de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, et doté d’un service de protection de l’Enfance, peut-il laisser à la rue, des mineurs en détresse et sans famille, sans accompagnement, ni soins, ni scolarité ? Comment peut-on les laisser s’enfoncer dans la misère, les exposer à des risques de violence, de maltraitance, tout en les poussant vers l’illégalité ?                                                                                                                                                                                                                                                                      Car c’est ce que nous faisons, en refusant de les prendre en charge dignement ! Si j’ajoute « dignement », c’est que la prise en charge de l’ASE se fait trop souvent tardivement, (et l’âge a beaucoup d’importance, pour leur intégration scolaire et leur régularisation), et qu’elle se résume aussi trop souvent à un hébergement dans des hôtels, sans réel accompagnement éducatif, sans scolarisation.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       Alors, Mesdames, Messieurs, respectez nos lois, les circulaires… qui permettent normalement la protection des mineurs ! Repensez l’accueil de ces jeunes en souffrance mais tellement volontaires et courageux ! Donnez-leur des places (adaptées, si possible) dans nos institutions scolaires, et permettez-nous de faire notre travail ! Permettez-leur de vivre, enfin, dignement, et en paix.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             source : https://blogs.mediapart.fr/jeunes-isoles-etrangers/blog/271018/educatrice-mon-travail-nest-plus-celui-pour-lequel-je-me-suis-engagee

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10/10/2018

SAMEDI 20 OCTOBRE : SOLIDARITÉ AVEC LES MIGRANT-E-S

 

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01/08/2018

COMMUNIQUE SUR LA SITUATION DE NOORDEEN ESSAK et ses suites

Noordeen ESSAK, le jeune Soudanais de Faux-la-Montagne arrêté le 9 juillet à la gendarmerie de Felletin puis libéré le 11 juillet à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, intentait ce jour, lundi 23 juillet 2018, un référé-liberté contre la préfecture de la Creuse afin que lui soit reconnu le droit de déposer sa demande d’asile en France.

L’audience a eu lieu à 10h30. A 9h40, soit moins d’une heure avant, la préfecture de la Creuse a déposé son mémoire en défense concluant qu’elle faisait droit à la demande de Noordeen ESSAK de voir sa demande d’asile traitée par la France et, qu’en conséquence, il n’y avait plus lieu à statuer.

Ainsi, après avoir mobilisé les services de la préfecture pendant deux semaines pour mettre en place la « réadmission vers l’Italie » de Noordeen ESSAK ; après avoir mobilisé plus de 60 gendarmes à Felletin le 9 juillet contre les amis de Noordeen venus manifester leur opposition à son transfert ; après avoir arrêté et exfiltré Noordeen de la gendarmerie, l’avoir conduit en voiture, menotté et ceinturé, jusqu’au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot (77), après l’avoir conduit jusqu’à l’aéroport de Roissy ; après avoir ensuite mobilisé la brigade de Felletin pendant toute la semaine ; et en ayant toujours, depuis plusieurs semaines, répondu négativement aux nombreux courriers, mails, pétitions, demandes de rendez-vous, coups de téléphone qui lui ont été adressés, la préfète de la Creuse a donc enfin fait droit à la demande de Noordeen ESSAK et de ses nombreux soutiens. Etait-ce donc cela la « procédure normale » à laquelle elle n’a cessé de se référer dans ses interventions publiques ?

Tout ça pour ça ! Pendant tout ce temps, les bénévoles auraient été plus efficaces à poursuivre l’accueil des jeunes Soudanais de Faux la Montagne plutôt que de passer tant de temps à manifester… et à se faire gazer.

Par ailleurs, lors de la manifestation de Felletin, une personne (Michel Lulek, de Faux-la-Montagne) a été interpellée et gardée à vue pendant 3 heures. A la suite de cette garde à vue, il a été convoqué vendredi 20 juillet à la gendarmerie de Guéret pour se voir notifier une convocation devant le tribunal correctionnel de Guéret le jeudi 4 octobre 2018 à 15h pour les deux motifs suivants : Violence sur une personne dépositaire de l’autorité publique + refus de se soumettre à un prélèvement ADN (auquel, par principe, il s’est opposé le soir de son interpellation). Nous vous tiendrons au courant des suites de cette affaire et ne manquerons pas de signaler toute mobilisation qu’elle suscitera. Par ailleurs, si d’autres personnes sont, dans les jours ou semaines qui viennent, convoquées, entendues ou inquiétées par les gendarmes à  propos de la manifestation du 9 juillet, qu’elles se fassent connaître afin que puisse s’organiser une éventuelle défense commune.

Aujourd’hui, les personnes et associations engagées dans l’accueil sur la Montagne limousine sont plus que jamais déterminées à poursuivre leur action pour toutes les autres personnes qui se trouvent dans des situations similaires à celle de Noordeen.

Elles seront de celles et de ceux, comme il y en a en maints endroits en France, qui feront tout pour que les décisions d’expulsions, de transferts ou autres « réadmissions » ne soient pas suivi d’effet.

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27/07/2018

Il n’y aura pas d’expulsion sur la Montagne Limousine!

"Au-delà de ce cas fortement médiatisé, et devant des situations plus ou moins similaires qui sont de plus en plus nombreuses un peu partout, des habitants et amis de la Montagne limousine ont décidé d'afficher une position claire face à toutes les expulsions, transferts ou « réadmissions » vers l'Italie ou ailleurs qui ne manqueront pas de voir le jour dans la période à venir."

tribune d’habitants et amis de la montagne limousine – publiée aujourd’hui sur Mediapart et demain dans l’Écho : https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/260718/il-n-y-aura-pas-d-expulsion-sur-la-montagne-limousine

Des habitants et amis de la Montagne limousine, dont de nombreux élus locaux et figures intellectuelles ou artistiques locales, ont décidé de ne pas tenir compte des Obligations de Quitter le Territoire Français (OQTF) pour empêcher les expulsions des exilés qui ont trouvé refuge sur ce territoire. «Nous appelons tout le monde, partout, à faire de même, à exercer ce « devoir de fraternité » dont de lointaines révolutions nous ont laissé l’héritage.»

Début juillet, des habitants de Faux-la-Montagne, en Creuse, et de villages voisins en Corrèze et Haute-Vienne, ont tenté d’empêcher l’expulsion vers l’Italie de l’un des leurs, un jeune homme soudanais en exil qu’ils accueillent depuis 8 mois avec trois autres de ses compagnons d’infortune.

La loi permettant à la préfète de la Creuse d’autoriser le jeune homme à solliciter l’asile politique en France, ces habitants lui demandaient de le faire. Malgré des demandes en ce sens répétées à maintes reprises les semaines précédentes, et une ultime tentative le 9 juillet, jour de la convocation du jeune Soudanais à la gendarmerie de Felletin, la préfète a décidé d’appliquer à la lettre les accords de Dublin et de renvoyer le jeune homme vers l’Italie, où il n’a aucune attache. Vers 20h, les quelques 200 manifestants rassemblés devant la gendarmerie, se sont fait violemment refouler par les gendarmes : une stratégie de diversion qui leur a permis d’exfiltrer le jeune homme par l’arrière de la gendarmerie, à travers un trou dans le grillage, pour le conduire vers Paris en vue de son expulsion. Une vidéo réalisée par Télé Millevaches résume cette soirée.

Le surlendemain, le jeune Soudanais a refusé d’embarquer à Roissy pour l’Italie et a alors été remis en liberté. Saisissant le tribunal administratif de Limoges pour qu’on lui reconnaisse le droit de déposer sa demande d’asile en France le 23 juillet 2018, une volte-face de dernière minute de la préfecture de la Creuse, qui craignait sans doute d’être contredite par les juges, lui permet finalement de déposer normalement sa demande d’asile en France…

Au-delà de ce cas fortement médiatisé, et devant des situations plus ou moins similaires qui sont de plus en plus nombreuses un peu partout, des habitants et amis de la Montagne limousine ont décidé d’afficher une position claire face à toutes les expulsions, transferts ou « réadmissions » vers l’Italie ou ailleurs qui ne manqueront pas de voir le jour dans la période à venir. Voici ce texte ainsi que la liste de ses premiers signataires.

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Aussi loin que l’on puisse remonter la Montagne Limousine a été une terre d’émigration, mais aussi une terre d’accueil pour toutes sortes de migrants, d’exilés. Voici quelques années que la « question migratoire » refait son apparition sur les plateaux de la Montagne limousine sous un jour nouveau. Il y a trois à quatre ans, des centres d’accueil de demandeurs d’asile (CADA) ont ouvert dans plusieurs communes de la Montagne et de sa périphérie. Suite à l’expulsion militaire du campement informel de migrants de Calais, qui réunissait près de 9000 personnes, s’y sont ajoutés, comme dans de nombreuses campagnes françaises, les très mal-nommés « Centres  d’Accueil et d’Orientation » (CAO). Dans les communes qui se portèrent alors candidates à accueillir de tels centres et dans les communes avoisinantes, des collectifs, des initiatives plus individuelles ont fleuri pour organiser l’hospitalité et la solidarité avec ceux et celles qui arrivaient sur notre territoire sans l’avoir choisi. Des centaines d’habitants de la Montagne se sont ainsi coordonnés, parfois avec le soutien d’élus locaux, pour faire une place à ces nouveaux venus. Cours de français, activités diverses, repas conviviaux, transports ont été mis en place par des collectifs d’habitants solidaires. Puis, assez vite, avec l’inéluctable arrivée des premiers « déboutés » du droit d’asile, et leur sortie des dispositifs d’accompagnement légaux, habitat, subsistance, assistance juridique et morale se sont improvisés, de la même manière. Ce qui relevait des gestes les plus simples, les plus humains dans les premiers temps, s’est progressivement mué en une nécessaire organisation à la marge de la légalité. Légalité qui ne laisse que peu de place à l’expression d’une véritable solidarité avec les exilés, voire qui bien souvent la condamne, la poursuit.

Alors qu’une certaine mansuétude semblait caractériser l’application de la loi dans notre région dans la période récente, un certain nombre de personnes demandeuses d’asile et déboutées ont décidé de rester, de s’installer sur nos plateaux, dans nos communes pour le plus grand plaisir de la plupart des habitants, heureux d’accueillir et d’accompagner cette incontestable source de vitalité, de joie et d’ouverture culturelle. Nous leur avons, de multiples manières, fait place dans nos vies, ils et elles en font désormais partie intégrante. Il n’y a plus que des écarts d’ordre « légaux » entre eux, elles et nous.

Alors quand nous réalisons ces dernières semaines, qu’un tour de vis annoncé par le gouvernement depuis longtemps sur la « politique d’accueil » produit ses premiers effets visibles sur nos amis, nous ne pouvons réprimer plus longtemps notre colère. Nous les avons accueillis sans demander l’autorisation à personne, nous nous sommes organisés pour rendre leur vie ici possible même si nous ne sommes pas encore parvenus à lever toutes les difficultés causées par leur statut « légal ». Nous avons bien compris que l’opération catastrophique de maintien de l’ordre du 9 juillet 2018 à Felletin, en Creuse, valait comme un avertissement. Mais renvoyer, ou laisser renvoyer, les gens qui ont tout fait pour en partir, dans des pays où ne les attendent que persécutions, misère, torture et mort, n’est toujours pas, pour nous, un choix envisageable.

Nous, habitants et amis des diverses communes de la Montagne et de ses alentours, avons donc décidé de répondre aux Obligations de Quitter le Territoire Français (OQTF), aux ordres de « reconduite à la frontière », émis par les préfectures dont chacun de nos villages dépendent, de la même façon que nous avons répondu à cette situation jusque-là. Nous n’en tiendrons aucun compte. Mieux, nous serons de celles et ceux qui feront tout pour qu’ils ne soient pas suivis d’effet. Il n’y aura pas d’expulsion d’exilés sur la Montagne limousine, qu’on se le dise !

Nous appelons tout le monde, partout, à faire de même, à exercer ce « devoir de fraternité » dont de lointaines révolutions nous ont laissé l’héritage.

Signataires :

Marie-Noëlle Agniau, poète,Vicq-sur-Breuilh (87) ;
Dominique Albaret, maire de Saint Pardoux la Croisille, Peuple et Culture 19 ;
Aquaserge (groupe de musique) ;
Armelle Barroux, rédactrice, Royère de Vassivière (23) ;
Christophe Bellec, cofondateur de la coopérative Cesam-Oxalis ;
Pierre Bergounioux, écrivain ;
Léonard Bernard, Faux la Montagne (23) ;
Frédéric Bondu, moniteur d’atelier, Gentioux-Pigerolles ;
Laurent Bourdelas, écrivain, Vicq-sur-Breuilh (87) ;
Marc Bourgeois, Faux la Montagne ;
Marie-Rose Bourneil, Maire de Tarnac (19) ;
Denise Bredinus, Gourdon-Murat ;
Milou Brette, conseillère municipale de Peyrelevade (19), syndicaliste ;
Jean-Lou Brette, Peyrelevade ;
Martine Bruzat, Felletin ;
Alain Carof, sociologue, Felletin ;
Laetitia Carton, réalisatrice, conseillère municipale de Faux-La-Montagne ;
Jean-Marie Caunet, 1er adjoint de La Nouaille (23) ;
Cimade, groupe local Peyrelevade (19) ;
Cimade, groupe local Eymoutiers (87) ;
Kléber Clemenceau, Gourdon-Murat (19) ;
Dany Clemenceau-Magnaval, conseillère municipale de Gourdon-Murat (19) ;
Gilles Clément, paysagiste, écrivain ;
Dominique Clermont, femme de théâtre, La Celle sous Gouzon (23) ;
Guillaume Codet, cuisinier, Faux la Montagne ;
Jean Combasteil, ancien député-maire de Tulle ;
Jean-Louis Comolli, cinéaste ;
Clémence Davigo, réalisatrice, Faux la Montagne ;
Yaël Davigo, étudiante, Faux la Montagne ;
Samuel Deleron, Faux la Montagne et Limoges ;
Nicolas Derieux, Maire de Saint Martin Château (23) ;
Le conseil municipal de Saint Martin Château (23) ;
Isabelle Despres, Faux la Montagne ;
Isabelle Doyon, enseignante, Faux la Montagne ;
Jean-Francois Draperi, directeur du Centre d’économie sociale du Conservatoire des Arts et métiers ;
François-Xavier Drouet, réalisateur, Faux la Montagne ;
Marie-Claire Drut, institutrice, Gentioux-Pigerolles ;
Maryse Dupont, Rempnat (87) ;
Didier Dupont, Rempnat (87) ;
Julien Dupoux, géographe ;
Philippe Eychene, ouvrier, Faux la Montagne ;
Anne-Marie Fadda, Bugeat (19) ;
Fatima Fellat, aide médico-psychologique, Eymoutiers ;
Janine Gabiache, conseillère municipale de Tarnac ;
Yvan Gabiache, Tarnac ;
Jeanne Gailhoustet, directrice de l’Ecole Nationale Supérieure d’Art de Limoges ;
Didier Garreau, Chavanac ;
Jackie Garreau, Chavanac ;
Antoine Gatet, juriste en environnement ;
Anne Germain, Faux la Montagne ;
Hélène Gibert, comédienne, Faux la Montagne ;
Emilie Gianre, conseillère municipale de Gentioux-Pigerolles (23) ;
Manon Glibert, conseillère municipale de Tarnac ;
Véronique Goga, Faux la Montagne ;
Jean-Jacques Gouguet, professeur émérite – Université de Limoges ;
Gilles Gracineau, curé d’Eymoutiers ;
Dominique Grador, Adjointe au maire de Tulle ;
Emmanuel Gratadour, Faux la Montagne ;
IPNS, journal d’information du Plateau de Millevaches ;
Isabelle Grand, Maire de Gioux (23) ;
Marie-France Houdart, ethnologue ;
Francis Juchereau, responsable associatif, chercheur associé ;
Marianne Lanavère, Eymoutiers  ;
Marc Lanceau, conseiller municipal de Faux-la-Montagne (23) ;
André Laurent, Maire de Pradines (19) ;
Patrick Leclerc, retraité, Faux la Montagne ;
Sophie Lefeuvre, Faux la Montagne ;
Paloma León, auteure ;
Thierry Letellier, Maire de la Villedieu (23) ;
Claire Lestavel, Faux la Montagne ;
Catherine Luce, conseillère municipale de Tarnac ;
Jean-Paul Lucas, enseignant retraité, Les Billanges (87) ;
Michel Lulek, Faux-la-Montagne, directeur de publication de IPNS ;
Richard Madjarev, Limoges, retraité Ministère de la Culture ;
Jacques Malnou, Faux la Montagne ;
Gérard Monédiaire, professeur émérite des facultés de droit ;
Emmanuel Monfreux, berger, Faux la Montagne ;
Montagne Accueil Solidarité (MAS) de Peyrelevade (19) ;
Montagne Accueil Solidarité (MAS) de Eymoutiers (87) ;
Montagne Accueil Solidarité (MAS) de Peyrat le Château (87) ;
Sophie Noguet, Enseignante, Faux la Montagne ;
Jérôme Orvain, Conseiller régional Nouvelle Aquitaine pour la Creuse ;
Jean-Paul Oudot, instituteur à la retraite, Gentioux-Pigerolles ;
Mumine Ozsoy, Conseillère Régionale Nouvelle Aquitaine pour la Corrèze ;
Guillaume Paillard, Faux la Montagne ;
Michel Parot, comédien et homme de théâtre, La Celle sous Gouzon ;
Michel Patinaud, Eymoutiers ;
Frank , dessinateur de bande desinée ;
Pascale Perrier, Professeure de lettres, Faux la Montagne ;
Peuple et Culture 19 ;
Pic, dessinateur ;
Dominique Pifarély, musicien ;
Jean Yves Pineau, Limoges, directeur des LOCALOS ;
Monique Plazanet, employée Ephad, Tarnac ;
Dominique Pradignac, Aixe sur Vienne, responsable syndical ;
Jean-François Pressicaud, Felletin ;
Jeanne Puchol, autrice de bande dessinée ;
Serge Quadruppani, écrivain, Eymoutiers ;
Jacqueline Renaud, retraitée, Tarnac ;
RESF 19 ;
Carole Riffaud, Praticienne en péri-natalité, Eymoutiers ;
Ève Risser, musicienne ;
Jean Rochard, producteur de musique (éd.NATO) ;
Claude Rogeaux, Faux la Montagne ;
Corinne Romanet, 1ère adjointe au maire de La Villedieu ;
Benjamin Rosoux, conseiller municipal de Tarnac ;
Eric Rouvellac – Limoges – universitaire ;
Jeannot Salvatori, musicien, Faux-La-Montagne ;
Pierre Simonet, retraité, Limoges ;
Christophe Soulié, journaliste ;
Surnatural Orchestra, groupe de musique ;
Manée Teyssandier, Peuple et culture 19 ;
Solenn Tiquet, infirmière, Faux la Montagne ;
Nathalie Torselli, Rempnat ;
Frédéric Torselli, maître d’oeuvre, Rempnat ;
Carole Vandroy, Festival Folie les mots, Faux la Montagne ;
Mireille Verdier, Faculté de Médecine, Université de Limoges ;
Catherine Villain, retraitée, Faux la Montagne…

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16/07/2018

Rassemblement Jeudi 19 Juillet – guéret – 18h

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Felletin – 9 juillet 2018 – Reportage TéléMillevaches

Dernière minute (misa à jour 26/07/2018) : le 23 juillet 2018, après une volte-face de dernière minute, la préfecture de la Creuse permet finalement à N.E. de déposer sa demande d’asile en France.  Le 25 juillet, le tribunal de Limoges annule sa convocation une heure avant…

http://telemillevaches.net/videos/felletin-9-juillet-2018/

Des habitants de Faux-la-Montagne et de villages voisins tentent d’empêcher l’expulsion vers l’Italie de l’un des leurs, un jeune homme soudanais en exil. Il est retenu à la gendarmerie de Felletin pendant que ses soutiens dressent des obstacles devant le portail.

La loi permet à la préfète de la Creuse d’autoriser le jeune homme à solliciter l’asile politique en France. À deux jours près, cela serait même automatique. Malgré les demandes en ce sens faites dans les jours précédents, et une ultime tentative ce 9 juillet, la préfète décide d’appliquer à la lettre les accords de Dublin et de renvoyer le jeune homme vers l’Italie, où il n’a aucune attache.

Vers 20h, les manifestants se font violemment refouler par les gendarmes. Cette stratégie de diversion leur permet d’exfiltrer le jeune homme par derrière, au travers du grillage, pour le conduire vers Paris en vue de son expulsion.

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Communiqué du 10 juillet 2018 depuis la commune de Faux-la-Montagne

Les 4 contrevérités (et un oubli) de Magali Debatte

Interrogée sur France 3 mardi 10 juillet*, Magali Debatte nous a fait découvrir une nouvelle facette de sa personnalité. On la savait raide et sans indulgence dans l’application des textes concernant la situation des personnes réfugiées en France, on a appris ce soir qu’elle ne maîtrisait pas totalement les éléments d’un dossier dont elle semble avoir voulu faire l’emblème de sa conception de la fraternité. Nous sommes donc contraints de corriger ici certaines de ses assertions.

4 contrevérités

« Monsieur Noordeen Essak a déposé sa demande d’asile en Italie » (Magali Debatte)

FAUX. Noordeen Essak n’a jamais déposé de demande d’asile en Italie. Arrivé en Italie après une périlleuse traversée de la Méditerranée, il a été contraint d’y poser ses empreintes mais n’a jamais déposé dans ce pays une demande d’asile. Sa première demande d’asile, il l’a déposée en France.

« La procédure de réadmission Dublin est une procédure tout à fait normale et il n’y aucune raison d’en dispenser Monsieur Essak »… Ce sont « des procédures auxquelles il n’y a aucune raison de se soustraire » (Magali Debatte)

FAUX. La procédure de réadmission Dublin souffre des exceptions possibles. Comme l’a rappelé la journaliste qui l’interrogeait, le préfet de la Haute-Vienne a fait profiter d’une dérogation un journaliste guinéen. Il a également fait bénéficier d’une telle dérogation un autre Soudanais de Faux-la-Montagne. Il y a donc bien des « raisons de se soustraire » à une telle procédure. Dans le cas de Noordeen Essak ce pouvait être : le fait qu’il a quitté le Soudan pour sauver sa vie après l’exécution, chez lui, de son père et de son frère ; le fait qu’il a manifesté son souhait exprès de rester en France, et en particulier dans notre village ; qu’il apprend le français avec acharnement, s’intègre dans notre commune et y a tissé de nombreux liens d’amitié ; qu’il y a trouvé un havre où se reconstruire, accompagné par trois de ses amis d’infortune et toute une partie des habitants qui se mobilise pour l’accueillir. Au demeurant, en rabâchant que la procédure Dublin est une « procédure normale », Magali Debatte a persisté dans son refus de répondre directement à la question que lui a pourtant posée deux fois la journaliste : pourquoi a-t-elle refusé d’user de la clause discrétionnaire qui lui permet, comme son collègue de la Haute-Vienne, d’arrêter le jeu de ping pong entre l’Italie et la France dont Noordeen Essak est la victime ? Cette question doit, une nouvelle fois, lui être reposée.

« Cette personne avait déjà été réadmise une première fois en Italie et s’était déjà soustraite à une première réadmission » (Magali Debatte)

FAUX. Noordeen Essak ne s’est pas « soustrait » à sa première réadmission. Il s’est rendu en Italie, comme cela lui a été notifié en octobre 2017. Là-bas, il a été reçu par la police italienne qui l’a tout simplement remis à la rue ! Il est donc tout naturellement revenu en France, seul endroit où il connaît du monde et où il peut actuellement se sentir en sécurité.

« Il s’est rendu à la gendarmerie [de Felletin] pour être réadmis en Italie » (Magali Debatte)

FAUX. Il s’est rendu à la gendarmerie pour respecter la convocation qui lui a été faite, mais avec l’espoir qu’il ne serait pas réadmis en Italie. Comme il le déclare lui-même dans le reportage réalisé par France 3 : « Je ne veux pas partir en Italie. C’est obligatoire pour moi, mais moi, jamais, je ne veux partir en Italie. »

Un oubli

« Je condamne fermement la violence dont ont fait l’objet les forces de sécurité » (Magali Debatte)

Qu’en est-il par contre de la violence dont Monsieur Essak est actuellement victime, traîné par les gendarmes pour être transféré en Italie ? Dont la difficile et patiente reconstruction à Faux vient d’être brutalement interrompue ? Qu’en est-il de la violence faite aux habitants de Faux et des environs qui connaissaient bien Noordeen et a qui on a arraché ce soir-là un ami ? Qu’en est-il de la violence exercée par les 60 à 80 gendarmes mobilisés pour une opération militaire d’envergure (plus de vingt véhicules motorisés, l’usage de gaz lacrymogènes – des armes chimiques -, des personnes brutalement jetées à terre) alors que pendant toute l’après-midi, le rassemblement bon enfant et pacifique des familles et amis réunis devant la gendarmerie espérait encore un geste d’apaisement de la part de la représentante de l’État ? Qu’en est-il enfin de cette violence faite à des citoyens révoltés qui pensent que leur devoir est d’empêcher l’ignoble, d’autant plus quand la loi rend possible une telle chose ?

* https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/emissions/jt-1920-limousin (à partir de 9 minutes)

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16/07/2018

De la question des migrants à celle de « l’ultra-gauche » ?

arton233-a9e3b-5c674 Lundi 9 juillet, environ 200 personnes, habitants de Faux-la-Montagne et du plateau de Millevaches ont tenté de s’opposer à la mise en centre de rétention avant expulsion vers l’Italie d’un jeune Soudanais accueilli depuis plusieurs mois à Faux. Un communiqué expliquant la situation avait été publié ici. Des militaires, notamment du PSIG d’Aubusson, sont arrivés en renfort à Felletin pour déloger les manifestants, venus en famille, à coups généreux de lacrymos.
Le jeune Soudanais a été discrètement sorti de la gendarmerie pour une mise en centre de rétention en région parisienne. Pendant ce temps deux personnes ont été arrêtées. Le dernier libéré vers 23h00 pourrait être poursuivi pour « violences envers un agent dépositaire de la force publique ».

Le retour du grand méchant loup

La nouvelle préfète de la Creuse, Magali Debatte, profite de cette manifestation de solidarité envers les migrants pour fustiger « l’ultra-gauche », dix ans après l’affaire Tarnac.

« Le déploiement des forces de l’ordre était lié au nombre de manifestants et à leur véhémence, justifie la préfète. On avait des groupes très organisés qui ont voulu bloquer sciemment la gendarmerie ».

« La situation de la Creuse m’a été signalée par l’administration centrale. Nous devons surveiller l’ultra-gauche. »

La priorité de la nouvelle préfète : lutte contre « l’ultra gauche » et les migrants. Les mois qui viennent s’annoncent sportifs !

Lire l’article sur https://labogue.info

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04/07/2018

URGENT : ce soir RDV Guéret – 18h

Communiqué de presse RESF 23
du Mercredi 4 Juillet 2018
Nous venons d’apprendre qu’hier matin un jeune d’une vingtaine d’années sans papiers d’origine russo-arménienne a été conduit au commissariat de Guéret pour être transféré en Centre de Rétention administrative dans le sud de la France.
Ce jeune a sa mère en Creuse, qui elle a des papiers et était en cours de régularisation auprès des services de la préfecture de Creuse. Elle nous a appelés et est comme vous pouvez l’imaginer effondrée! RESF 23 ne peut que dénoncer cette situation qui encore une fois sépare des familles qui avaient choisi de construire leur vie ici! Nous appelons à un rassemblement devant la préfecture ce soir à 18h00 car nous ne pouvons tolérer que la France agisse ainsi en notre nom!

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20/06/2018

SOUTIEN A NOS ÉLÈVES EN COURS D’EXPULSION

SAMEDI 30 JUIN – 12H/13H30 – PLAN D’EAU DE COURTILLE – GUÉRET : PIQUE-NIQUE SOLIDAIRE

Depuis quelques mois, en Creuse, des élèves demandeurs d’asile risquent d’être expulsés du territoire français. Ces élèves sont scolarisés depuis plusieurs années à Guéret, à l’école Jacques Prévert et au collège Martin Nadaud. D’autres élèves sont concernés à Saint Vaury et à Felletin.

C’’est inadmissible, insupportable, ces enfants sont bien intégrés et ne demandent qu’à poursuivre leurs études en France.

En grève le jeudi 17 mai, nous avons manifesté pour dénoncer ces expulsions. Nous avons envoyé une lettre ouverte au Préfet de la Creuse, au Ministre de l’Intérieur, au Recteur de l’Académie de Limoges, et au Ministre de l’Education Nationale, sans réponse. Nous avons recueilli 500 signatures sur une pétition papier, une pétition en ligne en recueille actuellement plus de 1000 (change.org).

A l’arrivée des vacances, période à risque pour les élèves sous le coup d’une expulsion, nous souhaitons de nouveau apporter notre soutien à nos élèves :

Une grève ? Plusieurs personne ne le peuvent pas en raison des pertes de salaire ; Une manifestation en semaine ou le soir ? Compliqué avec le travail et la vie de famille.

Nous proposons donc un PIQUE-NIQUE SOLIDAIRE.

SAMEDI 30 JUIN DE 12h à 13h30
PLAN D’EAU DE COURTILLE à GUÉRET, à côté des jeux d’enfants (parking au rond-point à côté du lycée Favard)
Chacun apporte quelque à manger, à boire, si possible une table pliante, des chaises, des couverts, gobelets, sac poubelle

Toutes les personnes souhaitant soutenir nos élèves sont invitées.

Les personnels mobilisés du collège Martin Nadaud de Guéret

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18/06/2018

VENDREDI 22 JUIN : REPAS DE SOLIDARITÉ / LA SOUTERRAINE
Afin de soutenir les familles de migrants de la ville de La Souterraine qui ont reçu un avis défavorable à leur demande d’asile, nous organisons un repas de soutien.
Les personnes déboutés, dès l’avis négatif n’ont plus aucune ressources même s’ils entament des procédures de demandes de recours ou de titres de séjour.
Aussi, tous les bénéfices de ce repas seront distribués à trois familles qui font toutes les démarches pour s’installer dans notre région :
REPAS DE SOLIDARITÉ
CUISINE TRADITIONNELLE DES BALKANS

VENDREDI 22 JUIN 

À 19 H

SALLE RUE DU COQ À LA SOUTERRAINE

12€/ADULTE
GRATUIT JUSQU’À 10 ANS
PARTICIPATION LIBRE POUR LES + DE 10 ANS

INSCRIPTION AVANT LE MERCREDI 20 JUIN
AU 06.42.49.01.80

MERCI DE VOTRE PARTICIPATION

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05/06/2018

LETTRE OUVERTE CONTRE L’EXPULSION DE NOS ÉLÈVES

à M. Blanquer, Ministre de l’Éducation Nationale

à Mme Gavini-Chevet, Rectrice de l’Académie de Limoges

à M. Fichet, Directeur Académique des Services de l’Éducation Nationale de la Creuse

à M. Collomb, Ministre de l’Intérieur

à M. Chopin, Préfet de la Creuse jusqu’au 5 juin 2018

à Mme Debatte, nouvelle Préfète de la Creuse

Au collège Martin Nadaud de Guéret dans la Creuse, trois élèves sont en cours d’expulsion du fait du refus de leur demande d’asile. Deux élèves sont aussi concernés à l’école Jacques Prévert de Guéret, un au lycée de St Vaury (Creuse), et un au lycée de Felletin (Creuse). Ces élèves sont depuis plusieurs années en France, ils sont bien intégrés dans leur classe, ils ont des amis, ils fréquentent des clubs de sport. Scolairement, ces enfants ont fait d’énormes progrès, ils sont très assidus et ponctuels.

Leurs parents sont eux aussi très intégrés. Ils ont par exemple travaillé à Guéret mais ne le peuvent plus suite à la procédure d’expulsion. Ou ils ont des promesses d’embauche. Ou ils sont très malades. Ils viennent de pays en grande difficulté comme la République Démocratique du Congo. Et ils ont confié leurs enfants à l’Éducation Nationale française.

Comprenez ce qui nous motive aujourd’hui : on nous a confié ces enfants pour les accompagner dans leur apprentissage de la citoyenneté et, paradoxalement, on leur enlève l’avenir qu’ils construisent ici avec leurs familles. En tant que professionnels de l’Éducation Nationale, Citoyens, et Êtres Humains, nous ne pouvons pas accepter cela, leur départ est inenvisageable.

Le jeudi 17 mai, plus de 80 % des enseignants du collège Martin Nadaud ont manifesté pour dénoncer ces expulsions, accompagnés par de nombreux personnels venus de plusieurs établissements scolaires, par des parents d’élèves, par des élèves, par des représentants de différents syndicats de l’Éducation Nationale, par des bénévoles de Réseau Éducation Sans Frontière Creuse, par des bénévoles du Secours Populaire, par le Président de la Communauté d’Agglomération du Grand Guéret, et par le Maire de Guéret. Une délégation a remis une pétition de plus de 500 signatures à la préfecture, où une audience nous a été accordée.

La préfecture nous a alors répondu que ces expulsions sont légales ; que M. le Préfet peut intervenir à titre tout à fait exceptionnel et justifié pour interrompre ces expulsions ; que ce que l’on avait fait était bien, et que nous ne pouvions pas en faire plus. Nous ne pouvons nous satisfaire de cette réponse. Nous ne baisserons pas les bras. Nous demandons que les demandes d’asile de nos élèves et de leurs familles soient accordées, ou qu’un titre de séjour de longue durée pour maladies graves ou emplois leur soit fourni.

En décembre dernier, M. Blanquer disait : « Quand je compare ce qui se fait chez nous et ce qui se passe dans certains pays, la grande différence, c’est la confiance. L’école a besoin de confiance et de se vivre comme une communauté ».

En espérant que notre requête retiendra toute votre attention,

Les personnels mobilisés du Collège Martin Nadaud de Guéret, dans la Creuse

Cosignataires :

De nombreux parents d’élèves mobilisés du Collège Martin Nadaud de Guéret

FCPE de la Creuse, Fédération des Conseils de Parents d’Élèves

Organisations syndicales de l’Education Nationale :

SUD Éducation Limousin

CGT Educ’Action Limousin

SNES-FSU Limousin

FNEC FP FO Limousin

Élus :

Alain Rousset Président du Conseil régional Nouvelle Aquitaine

Eric Correia Conseiller régional Nouvelle Aquitaine,

Président de la Communauté d’agglomération du grand Guéret

Michel Vergnier Maire de Guéret

Geneviève Barat Conseillère régionale Nouvelle Aquitaine,

Vice-Présidente en charge de la ruralité, du vivre ensemble, de la vie associative, et de la citoyenneté

Jerôme Orvain Conseiller régional Nouvelle Aquitaine

Jean-Luc Léger Conseiller départemental de la Creuse

lettre ouverte élèves martin nadaud

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JEUDI SOLIDAIRE / Jeudi 24 mai – 18h

Demain Jeudi 24 Mai solidaire avec les migrants rassemblement devant la préfecture de Guéret à 18h00 pour qu’il n’y ait plus jamais de Blessing….et contre le délit de solidarité!

Tous les jeudis depuis plusieurs semaine un rassemblement se tient devant la préfecture de Guéret à 18h en soutien aux demandeurs d’asiles, dont plusieurs familles sous la menace imminente d’une expulsion.

Ce jeudi 24 mai, nous nous réunissons en mémoire de Blessing, cette jeune nigériane de 20 ans dont le corps a été retrouvé noyé dans la Durance, dans les Hautes-Alpes début mai.

Article de Mediapart : Blessing-20-ans-meurt-noyee-en-France-en-traversant-la-frontiere

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SOUTIEN A NOS ÉLÈVES DEMANDEURS D’ASILE EN COURS D’EXPULSION – JOURNÉE D’ACTION jeudi 17/05

Quelques faits :

– Autour de Guéret, les familles de plus de 40 élèves demandent l’asile à la France. De nombreux élèves, dont deux à l’école Prévert, trois au collège Martin Nadaud, une au lycée Favard, ont reçu une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) de la préfecture, et sont donc expulsables à tout moment.

– Plusieurs familles ont dû quitter leur logement et vivent dans des chambres d’hôtel avec des bons d’alimentation.

– Exemple de pays d’origine : la République Démocratique du Congo. Qu’est ce qui y attend nos élèves ? La malnutrition, la prostitution, la guerre, la mort.

– Remarque d’une maman il y a quelques jours : « Si je mourais, mes enfants pourraient rester » (en tant que mineurs isolés en famille d’accueil ou en foyer…).

– Madame la Préfète a le pouvoir d’accorder des titres de séjour, justifiés par le fait que de nombreuses personnes sont malades ou ont des promesses d’embauche.

Nous, personnels et parents d’élèves du collège Martin Nadaud, ne pouvons nous résoudre à laisser faire, à nous retrouver devant des chaises vides dans nos classes. Chacun doit prendre conscience de la gravité de la situation :

Nos élèves sont tout simplement en DANGER.

Nous allons donc nous mettre en GRÈVE le JEUDI 17 MAI et manifester jusqu’à la préfecture. Nous avons demandé une audience à Monsieur le Préfet à 11h. Nous partirons de Martin Nadaud à 9h, en passant par l’école Prévert, le lycée Bourdan, l’école Cerclier, le collège Marouzeau.

NOUS PROPOSONS AUX PARENTS D’ÉLÈVES ET A TOUTES LES PERSONNES VOLONTAIRES DE SE JOINDRE A NOUS

A titre personnel, nous pensons aussi que les élèves peuvent nous rejoindre sous la responsabilité de leurs parents, par solidarité avec leurs camarades. Dans les nouveaux programmes du collège, une compétence à travailler est de permettre aux élèves de « Mettre en œuvre une action responsable et citoyenne, seul ou en groupe, en et hors milieu scolaire, et en témoigner »…

Ci-dessous :

préavis de grève du syndicat SUD Education Limousin : Préavis de grève – mai 2018

et une pétition à signer et faire signer le plus largement possible : Pétitions soutien élèves

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Revue de presse locale suite à l’action de lundi 14/05 :

L’ÉCHO DE LA CREUSE – Mercredi 16 mai 2018 :

echo sans papiers

LA MONTAGNE – 15 mai 2018 :

la montagne 15 mai

Reportage sur RPG :

https://radiopaysdegueret.bandcamp.com/track/manifestation-enfants-expulsables

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Presse – Nationale :

« Il faut refuser la loi Asile et immigration » – tribune d’élu(e)s et de citoyen(ne)s pour une politique de l’accueil et un droit d’asile, paru dans Libération le 22 avril 2018 : http://www.liberation.fr/debats/2018/04/22/pour-une-politique-de-l-accueil-et-un-droit-d-asile-effectif_1644682

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Communiqué de presse RESF 23-page-001