Stop Mines Salau : suspension des recherches !

Le Tribunal administratif de Toulouse suspend en urgence l’arrêté préfectoral autorisant les survols en hélicoptère !

Vendredi 19 octobre, alors que les nuisances  avaient déjà commencé sur la plaine d’Oust et à Salau,le  Tribunal Administratif a suspendu, en urgence, l’arrêté autorisant Mines Du Salat à faire des recherches aéroportés !  

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Nouvelle victoire !

La Préfète de l’Ariège avait, dans son arrêté du 14 septembre 2018, autorisé la société Variscan Mines SAS à effectuer des travaux de « mise en sécurité » dans l’ancienne mine de Salau. Le tribunal administratif de Toulouse vient d’ordonner la suspension de l’arrêté préfectoral.

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Montagne d’or en Guyane : le contre-exemple guinéen

Secrets d’info – France Inter le 13 octobre 2018

L’un des promoteurs de ce projet de mine d’or en Guyane, l’entreprise russe Nordgold, promet de favoriser l’emploi local et de respecter l’environnement. Mais en Guinée, où la société gère déjà une mine, très peu de locaux sont employés, et des animaux meurent mystérieusement.

La mine de Lefa est située au nord de la Guinée. Au bord des lacs de résidus de boues cyanurées, le village de Fayala-Carrefour.La mine de Lefa est située au nord de la Guinée. Au bord des lacs de résidus de boues cyanurées, le village de Fayala-Carrefour.

ZAD d’Hambach : Appel contre la destruction et l’expulsion actuelle

DSC7474-1024x683-1024x683 [640x480]La forêt de Hambach est une de plus anciennes forêts d’Allemagne à proximité de Cologne. Cet automne, elle est censée être arrachée pour faire place à une mine de lignite destructrice du climat. Depuis le 13 Septembre RWE expluse les occupants de la forêt et en détruit de grandes parties.
Tous les dimanches des milliers de personnes manifestent contre la rage destructrice de RWE et la politique bornée du land NRW en participant aux balades en forêt. https://foretdehambach.org/?noredirect=fr_FR

 

6 Octobre – Saint Yrieix La Perche – Manifestation et concerts : Stop aux mines d’or!

stopmines87 manif oct 2018

Un projet de mine d’or a vu le jour il y a peu sur notre département !
Ce projet est à un stade avancé car le permis exclusif de recherche (le PER de Bonneval) a d’ores et déjà été accordé à une société australienne sur une une zone de 300 km² touchant 9 communes du sud de la Haute-Vienne et une commune du nord de la Dordogne.
Compte tenu de l’historique aurifère de la région, il est quasiment certain que ces recherches seront concluantes ; ce qui aboutira, selon le code minier, automatiquement à l’étape suivante : l’exploitation minière industrielle des sous-sols de cette zone !

Dubaï Papers » : les millions du « baron noir » d’Areva et ses opérations financières opaques

Sébastien de Montessus, ancien patron de la division mines du groupe Areva, a eu recours à une société blanchisseuse d’argent sale située aux Emirats arabes unis. La journaliste Caroline Michel raconte cette gigantesque machine à produire du cash.

Les Dubaï Papers à la Une de l'Obs, le 6 septembre 2018

Les Dubaï Papers à la Une de l’Obs, le 6 septembre 2018 © L’Obs

L’enquête, qui dévoile un système de blanchiment offshore, fait la Une de l’Obs

Rentré chez Areva au milieu des années 2000, Sébastien de Montessus grimpe rapidement les échelons. Nommé en 2007 patron de la division mines (uranium, or…) du groupe, il devient dans les faits l’équivalent du numéro 2 ou 3 d’Anne Lauvergeon, la patronne à l’époque.

Suite à une perquisition en 2011, on découvre que son train de vie ne correspond pas à son salaire. Les policiers de la brigade financière tombent sur un acompte de 750 000 euros (ce qui représente deux années de rémunération pour lui) dans le but d’acquérir l’un des plus beaux voiliers du monde, d’une valeur de 7,5 millions d’euros. Comment ce haut cadre peut-il s’offrir ce genre d’objet ? D’où vient cet argent ?

Ferrari, chalet à Val-d’Isère, maison en Normandie…

Les acquisitions mobilières et immobilières de Sébastien de Montessus ont lieu durant une période rapprochée, entre 2012 et 2014. Il mène un train de vie de multimillionnaire. 

L’ancien haut cadre d’Areva (il quitte le groupe en 2012) est en lien avec le groupe Helin, une sorte de société blanchisseuse d’argent sale. Pilotée par une banquière britannique et le prince belge Henri de Croÿ, ce trust sert également à créer des sociétés écran. Les clients de Helin se voient proposer des prêts, des mises à disposition d’argent liquide, ou bien encore des cartes bancaires prépayées sans titulaire.

Sébastien de Montessus indique que l’argent qu’il détient en masse provient d’un bonus de son nouvel employeur, ou d’avances en provenance de ses amis. Mais Caroline Michel, journaliste de l’Obs, révèle qu’il était en lien avec Helin, notamment lorsqu’il était encore cadre chez Areva.

Sébastien de Montessus a été mis en examen le 29 mars 2018 pour corruption d’agent public étranger, corruption privée et abus de confiance, en lien avec l’affaire UraMin.

► Caroline Michel, journaliste de l’Obs, est l’invitée de Jacques Monin.

montessu en pied

 

La fracturation hydraulique provoque des séismes à longue distance

Sans titre [640x480]«L’injection d’eau dans le sous-sol pour l’exploitation des gaz de schistes ou la géothermie provoque des séismes. Selon la nature de la roche, ils peuvent se propager jusqu’à 10 kilomètres du puits d’injection, bien plus loin qu’on ne le pensait.

….

Ces problématiques touchent particulièrement les régions où les gaz de schiste sont exploités, comme l’Alberta au Canada ou l’Oklahoma aux États-Unis, ou l’énergie géothermique, comme en Alsace ».

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[RESF23] URGENT : LUNDI 17 SEPTEMBRE – 10h – PLACE BONNYAUD – GUÉRET (23)

7558115ac173f96b6ff1710db54754 LUNDI 17 SEPTEMBRE – 10h – PLACE BONNYAUD – GUÉRET (23). RASSEMBLEMENT CONTRE L’EXPULSION D’ABDEL.

APPEL DES HABITANTS DE LA MONTAGNE LIMOUSINE :

Depuis la commune de Faux-la-Montagne et depuis la Montagne limousine

NON À l’EXPULSION D’ABDEL, OUI À L’ACCUEIL

Une fois encore nous voilà obligés de nous mobiliser contre les décisions absurdes et inhumaines de la préfecture de la Creuse. Après le cas de Noordeen en juillet dernier, voici que la même histoire se répète avec Abdel, un jeune Soudanais qui vit à Faux-la-Montagne depuis presque un an. À même histoire, même réplique : nous disons non à l’expulsion d’Abdel comme nous avons dit non à celle de Noordeen et comme nous dirons non à toutes les expulsions qui auront lieu dans l’avenir.

Une fois encore c’est à nous, habitants de la Montagne, de la Creuse et de tous les autres lieux où la fraternité et la solidarité s’expriment vis-à-vis des exilés, de devoir défendre des valeurs bafouées par la politique migratoire du Gouvernement ; politique appliquée avec une particulière célérité par la préfecture de la Creuse. C’est à nous de nous mobiliser, de nous lever et de dire NON ! Non aux expulsions, à l’emprisonnement en centre de rétention (CRA), au jeu de ping-pong qui renvoie d’un pays à l’autre, comme de simples colis, des personnes qui ont fui dans la douleur leur pays d’origine.

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Nouvelle Calédonie – Mobilisation contre les projets miniers à Kouaoua

© NC la 1ère / Claude Lindor

A Kouaoua, le centre SLN se trouve à l’arrêt. Une soixantaine de jeunes originaires des tribus manifestent leur opposition au projet de nouveaux sites miniers. Mécontents après la coupe de chêne-gommes, ils expliquent vouloir protéger l’environnement.

Par Françoise Tromeur – https://la1ere.francetvinfo.fr/nouvellecaledonie/mobilisation-contre-projets-miniers-kouaoua-615696.html

La colère d’une soixantaine de jeunes de Kouaoua a été déclenchée par des tronçons d’arbres coupés. Des chêne-gommes abattus dans une forêt. Les jeunes se sont rendus sur place lundi matin, et ont bloqué le chantier en cours. Postés en contrebas de l’accès au centre minier de la SLN, ils disent, depuis, leur colère contre la société, qui projette d’exploiter de nouveaux sites miniers, «Chêne gum» et «Mont calme», au-dessus de la tribu de Méchin. Il faut dire que le gisement de Méa produit depuis une quarantaine d’années.

A l'origine de la colère, la découverte de tronçons comme ceux-là. © NC la 1ère / Claude Lindor
© NC la 1ère / Claude Lindor A l’origine de la colère, la découverte de tronçons comme ceux-là.
Les coutumiers pointés du doigt

Ces jeunes en veulent également aux autorités coutumières. «Les coutumiers ne nous ont pas fait part des discussions qu’ils ont eues avec la SLN pour ouvrir cette route et cette mine, explique Hollando Nimoiri, porte-parole des protestataires. Ils ont dit qu’ils ont discuté pendant des années mais nous, on n’est pas au courant. On demande des explications. On ne veut pas de cette mine-là parce que nos rivières sont polluées, ici.» 

Hollando Nimoiri, porte-parole des protestataires. © NC la 1ère / Claude Lindor
© NC la 1ère / Claude Lindor Hollando Nimoiri, porte-parole des protestataires.

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[Usine à pellets – Collectif Biomasse critique] COMMUNIQUE SUITE AUX RENCONTRES DE LA MONTAGNE LIMOUSINE

DE LA MONTAGNE LIMOUSINE ET PARTOUT EN FRANCE

PHASE 1 DU PLAN VIGIE-PELLET

Nous nous sommes réunis aux Rencontres de la forêt qui se sont tenues cette semaine sur le Plateau de Millevaches pour affronter ces mêmes constats :

– Les forêts diversifiées sont de plus en plus transformées en plantations industrielles.

– Les nouvelles politiques du gouvernement montrent une volonté de privatiser la gestion des forêts publiques et d’en faire des usines à bois.

– Le développement intensif des centrales à biomasse n’est en rien une alternative énergétique, il constitue plutôt une promesse d’épuisement rapide des ressources en bois.
Ici, au coeur de la Montagne Limousine, nous sommes venu-e-s de partout en France pour partager et coordonner nos résistances à cette prédation forestière. Nous nous sommes rendus compte que dans chacune de nos luttes, nous faisons face à une même logique de profit au détriment du territoire et de ses habitants.

Localement, cette logique se nomme CIBV : encore une histoire de patron à l’affût des aides et des politiques de greenwashing, encore des plaquettes de pubs à coups de « produits bio-sourcés », encore des promesses de coupes rases et de stérilisation des sols, encore du chantage à l’emploi… et toujours les forêts qui trinquent, en l’occurrence dans un rayon de 80km, sur un territoire déjà largement affecté par une pratique sylvicole industrielle.

Par la vigie que nous bâtissons ce dimanche 29 juillet 2018 en bordure du site prévu pour l’implantation de l’usine à pellets torréfiés CIBV, nous affirmons notre détermination à faire ce qu’il faudra pour que ce projet ne voit jamais le jour. Nous nous tenons prêts en cas de début des travaux, tout comme nous restons attentifs à toutes les menaces que les politiques forestières actuelles font peser sur le vivant.

Nous nous retrouverons lors de la Marche pour la forêt qui commencera le 15 septembre pour converger le 25 octobre dans la forêt de Tronçais dans l’Allier. Nous invitons tout un chacun à nous y rejoindre.

PREMIERS SIGNATAIRES

Adret-Morvan / Anor Environnement / SNUPFEN-Solidaires / Des membres du Réseau pour les Alternatives Forestières / Des membres du collectif SOS Forêt / Collectif Biomasse Critique / Collectif Abrakadabois (Notre-Dame-des-Landes) / M. Benard (CGT Forêt) /

 

PS : Pour information, et sans grande surprise, nous apprenons ce matin
que la tour érigée en face de l’usine a été abattue dans la nuit.
Espérons que ces amateurs de démolition seront toujours aussi en forme,
et un peu plus malins dans leurs choix, lorsque la tour de 30m prévue
dans le projet CIBV aura commencé à cracher ses composés organiques
volatiles…

document PDF :

DE LA MONTAGNE LIMOUSINE ET PARTOUT EN FRANCE

[RESF23] COMMUNIQUE SUR LA SITUATION DE NOORDEEN ESSAK et ses suites

COMMUNIQUE SUR LA SITUATION DE NOORDEEN ESSAK et ses suites

Noordeen ESSAK, le jeune Soudanais de Faux-la-Montagne arrêté le 9 juillet à la gendarmerie de Felletin puis libéré le 11 juillet à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, intentait ce jour, lundi 23 juillet 2018, un référé-liberté contre la préfecture de la Creuse afin que lui soit reconnu le droit de déposer sa demande d’asile en France.

L’audience a eu lieu à 10h30. A 9h40, soit moins d’une heure avant, la préfecture de la Creuse a déposé son mémoire en défense concluant qu’elle faisait droit à la demande de Noordeen ESSAK de voir sa demande d’asile traitée par la France et, qu’en conséquence, il n’y avait plus lieu à statuer.

Ainsi, après avoir mobilisé les services de la préfecture pendant deux semaines pour mettre en place la « réadmission vers l’Italie » de Noordeen ESSAK ; après avoir mobilisé plus de 60 gendarmes à Felletin le 9 juillet contre les amis de Noordeen venus manifester leur opposition à son transfert ; après avoir arrêté et exfiltré Noordeen de la gendarmerie, l’avoir conduit en voiture, menotté et ceinturé, jusqu’au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot (77), après l’avoir conduit jusqu’à l’aéroport de Roissy ; après avoir ensuite mobilisé la brigade de Felletin pendant toute la semaine ; et en ayant toujours, depuis plusieurs semaines, répondu négativement aux nombreux courriers, mails, pétitions, demandes de rendez-vous, coups de téléphone qui lui ont été adressés, la préfète de la Creuse a donc enfin fait droit à la demande de Noordeen ESSAK et de ses nombreux soutiens. Etait-ce donc cela la « procédure normale » à laquelle elle n’a cessé de se référer dans ses interventions publiques ?

Tout ça pour ça ! Pendant tout ce temps, les bénévoles auraient été plus efficaces à poursuivre l’accueil des jeunes Soudanais de Faux la Montagne plutôt que de passer tant de temps à manifester… et à se faire gazer.

Par ailleurs, lors de la manifestation de Felletin, une personne (Michel Lulek, de Faux-la-Montagne) a été interpellée et gardée à vue pendant 3 heures. A la suite de cette garde à vue, il a été convoqué vendredi 20 juillet à la gendarmerie de Guéret pour se voir notifier une convocation devant le tribunal correctionnel de Guéret le jeudi 4 octobre 2018 à 15h pour les deux motifs suivants : Violence sur une personne dépositaire de l’autorité publique + refus de se soumettre à un prélèvement ADN (auquel, par principe, il s’est opposé le soir de son interpellation). Nous vous tiendrons au courant des suites de cette affaire et ne manquerons pas de signaler toute mobilisation qu’elle suscitera. Par ailleurs, si d’autres personnes sont, dans les jours ou semaines qui viennent, convoquées, entendues ou inquiétées par les gendarmes à  propos de la manifestation du 9 juillet, qu’elles se fassent connaître afin que puisse s’organiser une éventuelle défense commune.

Aujourd’hui, les personnes et associations engagées dans l’accueil sur la Montagne limousine sont plus que jamais déterminées à poursuivre leur action pour toutes les autres personnes qui se trouvent dans des situations similaires à celle de Noordeen.

Elles seront de celles et de ceux, comme il y en a en maints endroits en France, qui feront tout pour que les décisions d’expulsions, de transferts ou autres « réadmissions » ne soient pas suivi d’effet.

[RESF23] 27/07/2018 : Il n’y aura pas d’expulsion sur la Montagne Limousine !

27/07/2018 – RESF23

Il n’y aura pas d’expulsion sur la Montagne Limousine!

"Au-delà de ce cas fortement médiatisé, et devant des situations plus ou moins similaires qui sont de plus en plus nombreuses un peu partout, des habitants et amis de la Montagne limousine ont décidé d'afficher une position claire face à toutes les expulsions, transferts ou « réadmissions » vers l'Italie ou ailleurs qui ne manqueront pas de voir le jour dans la période à venir."

tribune d’habitants et amis de la montagne limousine – publiée aujourd’hui sur Mediapart et demain dans l’Écho : https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/260718/il-n-y-aura-pas-d-expulsion-sur-la-montagne-limousine

Des habitants et amis de la Montagne limousine, dont de nombreux élus locaux et figures intellectuelles ou artistiques locales, ont décidé de ne pas tenir compte des Obligations de Quitter le Territoire Français (OQTF) pour empêcher les expulsions des exilés qui ont trouvé refuge sur ce territoire. «Nous appelons tout le monde, partout, à faire de même, à exercer ce « devoir de fraternité » dont de lointaines révolutions nous ont laissé l’héritage.»

Début juillet, des habitants de Faux-la-Montagne, en Creuse, et de villages voisins en Corrèze et Haute-Vienne, ont tenté d’empêcher l’expulsion vers l’Italie de l’un des leurs, un jeune homme soudanais en exil qu’ils accueillent depuis 8 mois avec trois autres de ses compagnons d’infortune.

La loi permettant à la préfète de la Creuse d’autoriser le jeune homme à solliciter l’asile politique en France, ces habitants lui demandaient de le faire. Malgré des demandes en ce sens répétées à maintes reprises les semaines précédentes, et une ultime tentative le 9 juillet, jour de la convocation du jeune Soudanais à la gendarmerie de Felletin, la préfète a décidé d’appliquer à la lettre les accords de Dublin et de renvoyer le jeune homme vers l’Italie, où il n’a aucune attache. Vers 20h, les quelques 200 manifestants rassemblés devant la gendarmerie, se sont fait violemment refouler par les gendarmes : une stratégie de diversion qui leur a permis d’exfiltrer le jeune homme par l’arrière de la gendarmerie, à travers un trou dans le grillage, pour le conduire vers Paris en vue de son expulsion. Une vidéo réalisée par Télé Millevaches résume cette soirée.

Le surlendemain, le jeune Soudanais a refusé d’embarquer à Roissy pour l’Italie et a alors été remis en liberté. Saisissant le tribunal administratif de Limoges pour qu’on lui reconnaisse le droit de déposer sa demande d’asile en France le 23 juillet 2018, une volte-face de dernière minute de la préfecture de la Creuse, qui craignait sans doute d’être contredite par les juges, lui permet finalement de déposer normalement sa demande d’asile en France…

Au-delà de ce cas fortement médiatisé, et devant des situations plus ou moins similaires qui sont de plus en plus nombreuses un peu partout, des habitants et amis de la Montagne limousine ont décidé d’afficher une position claire face à toutes les expulsions, transferts ou « réadmissions » vers l’Italie ou ailleurs qui ne manqueront pas de voir le jour dans la période à venir. Voici ce texte ainsi que la liste de ses premiers signataires.

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Aussi loin que l’on puisse remonter la Montagne Limousine a été une terre d’émigration, mais aussi une terre d’accueil pour toutes sortes de migrants, d’exilés. Voici quelques années que la « question migratoire » refait son apparition sur les plateaux de la Montagne limousine sous un jour nouveau. Il y a trois à quatre ans, des centres d’accueil de demandeurs d’asile (CADA) ont ouvert dans plusieurs communes de la Montagne et de sa périphérie. Suite à l’expulsion militaire du campement informel de migrants de Calais, qui réunissait près de 9000 personnes, s’y sont ajoutés, comme dans de nombreuses campagnes françaises, les très mal-nommés « Centres  d’Accueil et d’Orientation » (CAO). Dans les communes qui se portèrent alors candidates à accueillir de tels centres et dans les communes avoisinantes, des collectifs, des initiatives plus individuelles ont fleuri pour organiser l’hospitalité et la solidarité avec ceux et celles qui arrivaient sur notre territoire sans l’avoir choisi. Des centaines d’habitants de la Montagne se sont ainsi coordonnés, parfois avec le soutien d’élus locaux, pour faire une place à ces nouveaux venus. Cours de français, activités diverses, repas conviviaux, transports ont été mis en place par des collectifs d’habitants solidaires. Puis, assez vite, avec l’inéluctable arrivée des premiers « déboutés » du droit d’asile, et leur sortie des dispositifs d’accompagnement légaux, habitat, subsistance, assistance juridique et morale se sont improvisés, de la même manière. Ce qui relevait des gestes les plus simples, les plus humains dans les premiers temps, s’est progressivement mué en une nécessaire organisation à la marge de la légalité. Légalité qui ne laisse que peu de place à l’expression d’une véritable solidarité avec les exilés, voire qui bien souvent la condamne, la poursuit.

Alors qu’une certaine mansuétude semblait caractériser l’application de la loi dans notre région dans la période récente, un certain nombre de personnes demandeuses d’asile et déboutées ont décidé de rester, de s’installer sur nos plateaux, dans nos communes pour le plus grand plaisir de la plupart des habitants, heureux d’accueillir et d’accompagner cette incontestable source de vitalité, de joie et d’ouverture culturelle. Nous leur avons, de multiples manières, fait place dans nos vies, ils et elles en font désormais partie intégrante. Il n’y a plus que des écarts d’ordre « légaux » entre eux, elles et nous.

Alors quand nous réalisons ces dernières semaines, qu’un tour de vis annoncé par le gouvernement depuis longtemps sur la « politique d’accueil » produit ses premiers effets visibles sur nos amis, nous ne pouvons réprimer plus longtemps notre colère. Nous les avons accueillis sans demander l’autorisation à personne, nous nous sommes organisés pour rendre leur vie ici possible même si nous ne sommes pas encore parvenus à lever toutes les difficultés causées par leur statut « légal ». Nous avons bien compris que l’opération catastrophique de maintien de l’ordre du 9 juillet 2018 à Felletin, en Creuse, valait comme un avertissement. Mais renvoyer, ou laisser renvoyer, les gens qui ont tout fait pour en partir, dans des pays où ne les attendent que persécutions, misère, torture et mort, n’est toujours pas, pour nous, un choix envisageable.

Nous, habitants et amis des diverses communes de la Montagne et de ses alentours, avons donc décidé de répondre aux Obligations de Quitter le Territoire Français (OQTF), aux ordres de « reconduite à la frontière », émis par les préfectures dont chacun de nos villages dépendent, de la même façon que nous avons répondu à cette situation jusque-là. Nous n’en tiendrons aucun compte. Mieux, nous serons de celles et ceux qui feront tout pour qu’ils ne soient pas suivis d’effet. Il n’y aura pas d’expulsion d’exilés sur la Montagne limousine, qu’on se le dise !

Nous appelons tout le monde, partout, à faire de même, à exercer ce « devoir de fraternité » dont de lointaines révolutions nous ont laissé l’héritage.

Signataires :

Marie-Noëlle Agniau, poète,Vicq-sur-Breuilh (87) ;
Dominique Albaret, maire de Saint Pardoux la Croisille, Peuple et Culture 19 ;
Aquaserge (groupe de musique) ;
Armelle Barroux, rédactrice, Royère de Vassivière (23) ;
Christophe Bellec, cofondateur de la coopérative Cesam-Oxalis ;
Pierre Bergounioux, écrivain ;
Léonard Bernard, Faux la Montagne (23) ;
Frédéric Bondu, moniteur d’atelier, Gentioux-Pigerolles ;
Laurent Bourdelas, écrivain, Vicq-sur-Breuilh (87) ;
Marc Bourgeois, Faux la Montagne ;
Marie-Rose Bourneil, Maire de Tarnac (19) ;
Denise Bredinus, Gourdon-Murat ;
Milou Brette, conseillère municipale de Peyrelevade (19), syndicaliste ;
Jean-Lou Brette, Peyrelevade ;
Martine Bruzat, Felletin ;
Alain Carof, sociologue, Felletin ;
Laetitia Carton, réalisatrice, conseillère municipale de Faux-La-Montagne ;
Jean-Marie Caunet, 1er adjoint de La Nouaille (23) ;
Cimade, groupe local Peyrelevade (19) ;
Cimade, groupe local Eymoutiers (87) ;
Kléber Clemenceau, Gourdon-Murat (19) ;
Dany Clemenceau-Magnaval, conseillère municipale de Gourdon-Murat (19) ;
Gilles Clément, paysagiste, écrivain ;
Dominique Clermont, femme de théâtre, La Celle sous Gouzon (23) ;
Guillaume Codet, cuisinier, Faux la Montagne ;
Jean Combasteil, ancien député-maire de Tulle ;
Jean-Louis Comolli, cinéaste ;
Clémence Davigo, réalisatrice, Faux la Montagne ;
Yaël Davigo, étudiante, Faux la Montagne ;
Samuel Deleron, Faux la Montagne et Limoges ;
Nicolas Derieux, Maire de Saint Martin Château (23) ;
Le conseil municipal de Saint Martin Château (23) ;
Isabelle Despres, Faux la Montagne ;
Isabelle Doyon, enseignante, Faux la Montagne ;
Jean-Francois Draperi, directeur du Centre d’économie sociale du Conservatoire des Arts et métiers ;
François-Xavier Drouet, réalisateur, Faux la Montagne ;
Marie-Claire Drut, institutrice, Gentioux-Pigerolles ;
Maryse Dupont, Rempnat (87) ;
Didier Dupont, Rempnat (87) ;
Julien Dupoux, géographe ;
Philippe Eychene, ouvrier, Faux la Montagne ;
Anne-Marie Fadda, Bugeat (19) ;
Fatima Fellat, aide médico-psychologique, Eymoutiers ;
Janine Gabiache, conseillère municipale de Tarnac ;
Yvan Gabiache, Tarnac ;
Jeanne Gailhoustet, directrice de l’Ecole Nationale Supérieure d’Art de Limoges ;
Didier Garreau, Chavanac ;
Jackie Garreau, Chavanac ;
Antoine Gatet, juriste en environnement ;
Anne Germain, Faux la Montagne ;
Hélène Gibert, comédienne, Faux la Montagne ;
Emilie Gianre, conseillère municipale de Gentioux-Pigerolles (23) ;
Manon Glibert, conseillère municipale de Tarnac ;
Véronique Goga, Faux la Montagne ;
Jean-Jacques Gouguet, professeur émérite – Université de Limoges ;
Gilles Gracineau, curé d’Eymoutiers ;
Dominique Grador, Adjointe au maire de Tulle ;
Emmanuel Gratadour, Faux la Montagne ;
IPNS, journal d’information du Plateau de Millevaches ;
Isabelle Grand, Maire de Gioux (23) ;
Marie-France Houdart, ethnologue ;
Francis Juchereau, responsable associatif, chercheur associé ;
Marianne Lanavère, Eymoutiers  ;
Marc Lanceau, conseiller municipal de Faux-la-Montagne (23) ;
André Laurent, Maire de Pradines (19) ;
Patrick Leclerc, retraité, Faux la Montagne ;
Sophie Lefeuvre, Faux la Montagne ;
Paloma León, auteure ;
Thierry Letellier, Maire de la Villedieu (23) ;
Claire Lestavel, Faux la Montagne ;
Catherine Luce, conseillère municipale de Tarnac ;
Jean-Paul Lucas, enseignant retraité, Les Billanges (87) ;
Michel Lulek, Faux-la-Montagne, directeur de publication de IPNS ;
Richard Madjarev, Limoges, retraité Ministère de la Culture ;
Jacques Malnou, Faux la Montagne ;
Gérard Monédiaire, professeur émérite des facultés de droit ;
Emmanuel Monfreux, berger, Faux la Montagne ;
Montagne Accueil Solidarité (MAS) de Peyrelevade (19) ;
Montagne Accueil Solidarité (MAS) de Eymoutiers (87) ;
Montagne Accueil Solidarité (MAS) de Peyrat le Château (87) ;
Sophie Noguet, Enseignante, Faux la Montagne ;
Jérôme Orvain, Conseiller régional Nouvelle Aquitaine pour la Creuse ;
Jean-Paul Oudot, instituteur à la retraite, Gentioux-Pigerolles ;
Mumine Ozsoy, Conseillère Régionale Nouvelle Aquitaine pour la Corrèze ;
Guillaume Paillard, Faux la Montagne ;
Michel Parot, comédien et homme de théâtre, La Celle sous Gouzon ;
Michel Patinaud, Eymoutiers ;
Frank , dessinateur de bande desinée ;
Pascale Perrier, Professeure de lettres, Faux la Montagne ;
Peuple et Culture 19 ;
Pic, dessinateur ;
Dominique Pifarély, musicien ;
Jean Yves Pineau, Limoges, directeur des LOCALOS ;
Monique Plazanet, employée Ephad, Tarnac ;
Dominique Pradignac, Aixe sur Vienne, responsable syndical ;
Jean-François Pressicaud, Felletin ;
Jeanne Puchol, autrice de bande dessinée ;
Serge Quadruppani, écrivain, Eymoutiers ;
Jacqueline Renaud, retraitée, Tarnac ;
RESF 19 ;
Carole Riffaud, Praticienne en péri-natalité, Eymoutiers ;
Ève Risser, musicienne ;
Jean Rochard, producteur de musique (éd.NATO) ;
Claude Rogeaux, Faux la Montagne ;
Corinne Romanet, 1ère adjointe au maire de La Villedieu ;
Benjamin Rosoux, conseiller municipal de Tarnac ;
Eric Rouvellac – Limoges – universitaire ;
Jeannot Salvatori, musicien, Faux-La-Montagne ;
Pierre Simonet, retraité, Limoges ;
Christophe Soulié, journaliste ;
Surnatural Orchestra, groupe de musique ;
Manée Teyssandier, Peuple et culture 19 ;
Solenn Tiquet, infirmière, Faux la Montagne ;
Nathalie Torselli, Rempnat ;
Frédéric Torselli, maître d’oeuvre, Rempnat ;
Carole Vandroy, Festival Folie les mots, Faux la Montagne ;
Mireille Verdier, Faculté de Médecine, Université de Limoges ;
Catherine Villain, retraitée, Faux la Montagne…

A propos de la situation au lac du Chammet

Communiqué commun à propos de la situation au Chammet et invitation à une réunion publique le mercredi 18 juillet à Faux-la-Montagne

Une brève de la Montagne datée de ce samedi 14 juillet avait pour titre : « Les gendarmes évacuent les anti-pellets du lac Chammet ». Cet article est erroné dès son titre, il l’est aussi dans son contenu.
C’est pourquoi nous avons tenu à y apporter une réponse.

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Rassemblement Jeudi 19 Juillet – guéret – 18h

JEUDI SOLIDAIRE / tous les jeudi – 18h – devant la préfecture de Guéret (23)

En soutien aux migrants, demandeurs d’asile, de nombreuses familles sont toujours menacées d’expulsion sur le territoire.


Felletin – 9 juillet 2018 – Reportage TéléMillevaches

Dernière minute (misa à jour 26/07/2018) : le 23 juillet 2018, après une volte-face de dernière minute, la préfecture de la Creuse permet finalement à N.E. de déposer sa demande d’asile en France.  Le 25 juillet, le tribunal de Limoges annule sa convocation une heure avant…


Communiqué du 10 juillet 2018 depuis la commune de Faux-la-Montagne

Les 4 contrevérités (et un oubli) de Magali Debatte

Interrogée sur France 3 mardi 10 juillet*, Magali Debatte nous a fait découvrir une nouvelle facette de sa personnalité. On la savait raide et sans indulgence dans l’application des textes concernant la situation des personnes réfugiées en France, on a appris ce soir qu’elle ne maîtrisait pas totalement les éléments d’un dossier dont elle semble avoir voulu faire l’emblème de sa conception de la fraternité. Nous sommes donc contraints de corriger ici certaines de ses assertions.

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De la question des migrants à celle de « l’ultra-gauche » ?

Lundi 9 juillet, environ 200 personnes, habitants de Faux-la-Montagne et du plateau de Millevaches ont tenté de s’opposer à la mise en centre de rétention avant expulsion vers l’Italie d’un jeune Soudanais accueilli depuis plusieurs mois à Faux. Un communiqué expliquant la situation avait été publié ici. Des militaires, notamment du PSIG d’Aubusson, sont arrivés en renfort à Felletin pour déloger les manifestants, venus en famille, à coups généreux de lacrymos.
Le jeune Soudanais a été discrètement sorti de la gendarmerie pour une mise en centre de rétention en région parisienne. Pendant ce temps deux personnes ont été arrêtées. Le dernier libéré vers 23h00 pourrait être poursuivi pour « violences envers un agent dépositaire de la force publique ».

Le retour du grand méchant loup

La nouvelle préfète de la Creuse, Magali Debatte, profite de cette manifestation de solidarité envers les migrants pour fustiger « l’ultra-gauche », dix ans après l’affaire Tarnac.

« Le déploiement des forces de l’ordre était lié au nombre de manifestants et à leur véhémence, justifie la préfète. On avait des groupes très organisés qui ont voulu bloquer sciemment la gendarmerie ».

« La situation de la Creuse m’a été signalée par l’administration centrale. Nous devons surveiller l’ultra-gauche. »

La priorité de la nouvelle préfète : lutte contre « l’ultra gauche » et les migrants. Les mois qui viennent s’annoncent sportifs !

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